BOUJLOUD بوجلود / L'HOMME AUX PEAUX, de et avec KENZA BERRADA

KENZA, KINDA, MAUD, ANNABELLE

Je choisis de travailler avec trois autres artistes. Kinda, Maud, Annabelle. Chacune a grandi dans un pays différent mais nous partageons toutes les quatre la même passion. Nous aimons raconter des histoires. Elles aussi sont préoccupées par la peau. La nôtre, celle dont on hérite, celle que l’on choisit, celle dont on se débarrasse.

KENZA BERRADA, metteure en scène, comédienne


Eté 2018. Je me marie au Maroc. Ma grand-mère Kenza n’est plus de ce monde. Il y a presque 100 ans c’était elle qui se mariait à l’âge de 14 ans. Ma tante est là, celle qui avait gardé au chaud sa virginité pour un inconnu de bonne famille jusque ses 17 ans. Et si moi aussi je découvrais « l’homme de ma vie » le jour de mon mariage ? Que cachent ces sourires ? Que cache cette mise en scène ? Qu’en est-il du mariage des filles mineures au Maroc ? Qu’est-ce que l’abus ?

 

Née et grandit au Maroc jusque mes 17 ans, je vis aujourd’hui entre le Maroc et la France.

Boujloud, l’homme aux peaux est le premier texte que j’écris, mets en scène et interprète.

Dès le collège, le théâtre est le territoire que je choisis pour explorer mes interrogations. Je me forme comme comédienne aux Cours Simon et Florent. Je poursuis des études de Lettres et de médiation culturelle où mon sujet de Master est « Tanger entre passé glorieux et futur incertain ». Les écrits des auteurs tel que Jean Genet sur le corps arabe et exotique me questionnent déjà.

Mon travail d’artiste, notamment avec mon collectif (Le Collectif Nash) repense le lien au public, à la langue et s’inscrit dans des problématiques sociales. Dans un processus d’écriture plateau, nous mêlons des textes d’auteurs à de l’écriture personnelle, improvisons, dansons, testons le rapport de la caméra au plateau pour offrir aux spectateurs une expérience.

J’explore la danse et la danse africaine avec Elsa Wolliatson, la scénographie à l’école Jacques Lecoq et à la mise en scène en assistant entres autres Alexander Zeldin dont le travail s’articule autour de la politique intime. Je m’intéresse à la métamorphose de l’homme en animal et approche notamment cette thématique avec Silvia Costa et John Romao à travers La tentation de Saint Antoine de Flaubert et la construction de la figure du démon.

Le théâtre est une forme d’archéologie de soi, une manière de créer une nouvelle écoute et une nouvelle curiosité. Chercher à toucher par une émotion vraie notre propre réalité, sociale, politique, intime.

ANNABELLE CHAMBON, chorégraphie

Annabelle Chambon est une artiste française. Elle a obtenu en 1997 le Diplôme National d’Etudes Supérieurs Chorégraphiques au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon (France). Trois ans plus tard, elle intègre la compagnie Troubleyn/Jan Fabre pour As Long As the World Needs a Warrior’s Soul. Elle a ensuite joué dans Les Guerriers de la beauté (un film de Pierre Coulibeuf, 200), Je suis sang (2001/2003/2005), Parrots and Guinea Pigs (remplacement – 2003), Tannhäuser (2004), The Crying Body (2004), Histoire des Larmes (2005), Orgy of Tolerance (2008), Prometheus Landscape II (2011), et le solo réussi Preparatio Mortis (2005/ 2010), qui est toujours en tournée. Annabelle Chambon fait également partie du projet de 24 heures de Jan Fabre, Mount Olympus (2015).

Outre son travail avec Fabre, elle a fondé le label Cedana, avec Cédric Charron et a joué avec Coraline Lamaison ( Ex / stase , 2010; Narcisses 2.0 , 2012) , Kris Verdonck ( I / II / III / IIII, 2008), Thierry de Mey (Ma mère l’oye, 2004) et d’autres.

CÉDRIC CHARRON, co-chorégraphe

 

Annabelle Chambon (CNSMD de Lyon) et Cédric Charron (P.A.R.T.S. Bruxelles) intègrent la compagnie Troubleyn / Jan Fabre en 2000. En 18 ans de collaboration Annabelle et Cédric ont œuvré à toutes les créations majeures du flamand terrible, de As Long As the World Needs a Warrior’s soul (2000) à Mount Olympus/ to glorify the cult of tragedy (2016). Annabelle Chambon et Cédric Charron font partis de ces rares performeurs à qui Jan Fabre a dédié un solo, Preparatio Mortis (2010) pour Annabelle et Attends Attends Attends (pour mon père) (2014) pour Cédric. Ils ont assisté Jan Fabre dans ses Masterclass depuis 2004 et ils sont à l’origine du "Jan Fabre Teaching Group". Annabelle et Cédric ont cosigné I promise this is the last time en 2015 et Tomorrowland en 2017 en collaboration avec Jean-Emmanuel Belot. Annabelle Chambon a également participé à trois créations de Coraline Lamaison.

 

« Les Français Cédric Charron et Annabelle Chambon, qui se sont rencontrés en 1999, à Bruxelles, forment une paire d’interprètes d’exception de Jan Fabre. De spectacle en spectacle, ils ont tracé une ligne claire de haute intensité. Ils ont hissé le théâtre pulsionnel du Flamand à des sommets de lisibilité dans l’excès. Un travail de don et de patience où l’instinct prend sans cesse le pouls de la technique pour foncer plus loin… les tempéraments de Cédric Charron et d’Annabelle Chambon ont explosé au gré de la gamme d’exploits théâtraux toujours plus féroces proposés par Fabre. A ces performeurs d’élection, Jan Fabre a offert des solos beaux comme des cadeaux. »

Rosita Boisseau - Le Monde, 11 mars 2016

KINDA HASSAN, créatrice sonore

Née à Beyrouth, Kinda Hassan est une artiste multimédia qui explore les champs de la vidéo et du son. Elle obtient son master en arts visuels à l’Alba en 2007 et suit par ailleurs des formations dans plusieurs institutions telles que l’école nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA) à Paris. Elle prépare depuis septembre 2016 un master en design sonore à l’école supérieure des beaux-arts du Mans. Ses travaux ont été exposés dans de nombreux festivals internationaux et différentes galeries d’art. Parallèlement à ses réalisations, elle cofonde en 2008 la plateforme régionale de musique arabe eka3, dont elle devient la directrice exécutive au Liban jusqu’à décembre 2012.

Kinda Hassan s’est longtemps intéressée aux phénomènes d’influence exercés par la ville sur le corps des individus. Ses créations s’attachent à capturer une réalité pour la dénoncer, révélant ce qui est habituellement invisible. Au-delà du simple « enregistrement », sa démarche, de la vidéo au travail sonore, transforme et génère de nouveaux espaces de perceptions. Elle repousse les limites du documentaire jusqu’à la poésie et la fiction. Durant son parcours d’artiste sonore, elle a travaillé autour de thématiques qui se rapportent aux lieux dans lesquels elle intervient, en confrontant des espace-temps différents dans un même lieu.

C’est un travail guidé par l’acoustique et la résonance du lieu et des objets/meubles qui l’habitent, par son histoire immatérielle et par l’énergie qui lui est propre. (MUCEM à Marseille, La Fonderie au Mans …) La recherche qu’elle mène est centrée sur la prosodie vocale comme prélude à l’expressivité musicale.

http://gmem.org/residence/kinda-hassan/

MAUD NEVE, création vidéo

Maud Neve est cinéaste, née à Bruxelles en 1991. Elle étudie la réalisation à l’Institut des Arts de Diffusion, où elle expérimente tant la fiction que le documentaire, dont elle aime brouiller les frontières. Ses deux premiers court-métrages, Julia (13’, fiction, IAD 2014) –  co-écrit et réalisé avec Nora Burlet – et Un lézard dans la peau (16’, hybride, Mediadiffusion 2015), ont  reçu un bon accueil et obtenu plusieurs récompenses en festivals. Après ses études elle poursuit et précise son désir de cinéma ; 

celui d’une exploration à la fois ludique et sensitive, voyageant entre différents formats. Elle s’essaye au film de mode et à d’autres formes courtes comme le ciné-poème, tandis qu’elle travaille sur des projets de court et long métrage.

Ceux-ci sont traversés par une fascination pour le poids du passé sur le temps présent – ses histoires, tant intimes que universelles, réelles ou fictives (les mythes, les contes, l’Histoire). Des incursions dans d’autres disciplines artistiques – chant, danse, théâtre, photographie – permettent enfin à Maud d’ouvrir sa recherche visuelle et sonore.

Elle finit l’année passée Nulle trace dans le courant où j’ai nagé avec une femme (30’, hybride, Roule Libre 2018), un film à la croisée de l’essai, de la fiction et du journal filmé, qui est présenté pour la première fois au Festival International du Film Francophone de Namur.

LIENS VERS SES FILMS

Un lézard dans la peau : vimeo.com/maudn/unlezarddanslapeau / mot de passe : lacerta

Nulle trace dans le courant ou j’ai nagé avec une femme : https://vimeo.com/271680851 / mot de passe : Méduse

kumquat.png