KENZA BERRADA & KINDA HASSAN - 'BOUJLOUD' (création)

texte, mise en scène, interprétation

Kenza Berrada

 

création sonore

Kinda Hassan

production

Kumquat Productions

coproduction

recherche en cours

durée

à confirmer

langue

français  / arabe

disponibilité

en création

équipe en tournée

4 pax

transport sous réserve

"L'HOMME AUX PEAUX", UNE PERFORMANCE DE KENZA BERRADA C. / CRÉATION 2019 / 2020

Au Maroc, 70 enfants sont abusés tous les jours, garçons et filles. Ce sont les chiffres officiels. Non réels. Qui parle de pédophilie au Maroc ? Comment peut-on parler de pédophilie au Maroc ? Quels lois condamnent la pédophilie ? Parle-t-on de pédophilie lorsqu’un homme de 35 ans épouse une jeune fille de 14 ans ? Comment parle une jeune femme moderne marocaine de pédophilie ?

BOUJLOUD est une performance entre K./ Kenza et H.. K./ Kenza écoute une cassette audio sur sa chaîne hifi des années 90. Elle a enregistré H. lors de plusieurs rencontres.

H. est une jeune femme de mon âge (34 ans) grandit au Maroc. Mais H. parle pour notre génération. Celle qui vient après nos grands-mères et mères et qui a connu un bouleversement incroyable grâce notamment à des figures comme Fatema Mernissi. H. est universelle. Sa voix est assurée, sa langue précise, elle fait un long voyage.

H. me dit à notre dernière entrevue : « je ne pensais pas que mon histoire intéressait quelqu’un un jour ».

Je pars de cette phrase pour tenter de dire.

 

Kenza Berrada, juin 2019

 

K./ Kenza a le même âge que H. Seule sur scène, elle parle dans son micro et enregistre à son tour une cassette. Pour qui enregistre-t-elle cette parole ? Elle-même ? Le public ? Elle tente de trouver les mots pour revenir sur cette confession. Elle s’inspire de lettres que d’autres victimes lui ont écrites. Des jeunes femmes mariées de force, d’autres victimes d’abus enfants. Elle s’inspire d’essais d’auteurs québécoises, américaines, africaines, françaises.

La trentaine. Je réalise que c’est un moment de vie où les individus ont une urgence à dire pour que la répétition cesse.

Ma question est : qui écoute? Comment j’écoute? Comment je reçois une confession? Est-ce que je réécoute? Comment répondre? Quand répondre? Qui ça intéresse? Comment mon corps réagit? Quelle mémoire mon corps garde t il de cette confession? Quelle mémoire mon corps garde-t-il de ces femmes agressées depuis des générations? Que répondre? Comment répondre?

 

H. et son histoire font partie d’un même grand récit. Et son histoire m’intéresse.

Le son est un personnage principal dans cette performance. Le son de la voix de H., le son de ma voix, les sons de la rue dans les enregistrements, le son de l’aspirateur que je passe au début, les sons répétitifs du quotidien, le son de la voix intérieur en boucle et en écho, de l’eau avec lequel je me lave les pieds plein d’argile, de mes pas de danse, de la gifle que je me donne, la résonance des murs dans lesquels la performance est donnée.

Pourquoi l’homme aux peaux? J’essaie de me mettre dans la peau de l’autre, victime ou agresseur. Traditionnellement le rituel de Boujloud se fait en 4 parties, 4 actes. Nous sommes bel et bien au théâtre. Un 4ème et dernier acte qui ouvre sur des possibles. Une grande fête, un grand repas, une transmission.

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